| guillaume de rémusat photographies | ||||||||
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De
mes souvenirs confus d'enfant, je garde en mémoire beaucoup d'images
et de rêves. Images feuilletées dans l'immensité de
la bibliothèque familiale, images entre aperçues dans l'atelier
et les dossiers de mes parents. Mais aussi images discutées, disséquées,
souhaitées et recherchées. Images servant de miroirs visuels
aux romans, aux poésies et aux contes. Aujourd'hui c'est toujours ce parallèle visuel qui guide mes pas dans des décors urbains ou industriels ordinaires. Lentement une histoire sourd en moi tandis qu'une image prend forme. Alors le monde ralentit jusqu'à se figer et je travaille, avec pour seuls instruments, la pellicule et le choix du cadrage. Je fouille, je peins, je dessine, j'illustre jusqu'au réveil, le déclenchement brutal et définitif. Mes natures mortes sont de très courtes fables, parfois aussi vites oubliées qu'elles sont venues à l'esprit. Photographies ultra réalistes proches de dessins abstraits puisés dans notre quotidien le plus intime. Il suffit de fermer les yeux pour les découvrir. De plus en plus souvent les histoires se font plus longues. Une seule image ne suffit plus à exprimer ce qui me submerge. Alors je recule, je m'isole du monde. Comme à Brooklyn, Berry Street, face à Williamsburg Bridge, dans une zone d'entrepôts colonisés par de nombreux artistes en manque d'espace. Il est 14 heures en ce jour de début septembre. La tempête arrive ! En 5 minutes elle est sur nous. Le vent emporte tout, l'eau déferle. Les voitures fuient les éléments. Un marchand de glaces trouve refuge sous le pont. Le métro gagne la banlieue. Rues vides et noires, Sophie et moi gagnons l'atelier de Philippe pour attendre... Guillaume de Rémusat
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